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ALVIS (Grande Bretagne) 1920-1967
Dès le début le nom d'Alvis fut synonyme de haute
qualité, de résistance et d'excellent rendement. Ses
inventeurs furent T. G. John, auparavant chez Siddeley Deasy, et
G. P. H. de Freville, qui avait travaillé pour D. F. P. et
avait conçu pour cette firme des pistons en aluminium qui
portaient le nom d'Alvis. Jusqu'en 1922 la voiturette Alvis de 10/30
CV fut équipée d'un moteur Alvis 4 cyl. à haut
rendement, de 1460 cm3, à soupapes latérales, d'une
boîte à 4 vitesses et d'une séduisante carrosserie
en aluminium livrée par Morgan ou par Charlesworth. Elle
était offerte en modèle à 2 places, à
4 places ou Super-Sport. Celui-ci fut le premier modèle Alvis
pourvu d'une carrosserie devenue célèbre"en queue
de canard". Bien que bruyante et coûteuse, cette voiture
"10/30" eut un énorme succès auprès
des sportifs. En 1921, 322 voitures f urent vendues et l'année
suivante la firme employait 350 ouvriers. À la fin de 1919,
cette toute jeune société avait prévu une cadence
de 1000 voitures par an, mais la grève des sous-traitants,
qui causa tant de dommages aux petites entreprises, empêcha
Alvis de satisfaire la demande. Pendant un court laps de temps,
à cette même époque, Alvis fabriqua le cycle-car
Buckingham.
En 1922 parurent des voitures conçues davantage en vue du
tourisme, avec un moteur d'un plus grand alésage, de 1598
cm3 12/40 CV. Le capitaine G.T. Smith-Clarke, nommé ingénieur
en chef de cette société en 1923, conçut le
moteur de 12/50 CV à soupapes en-tête et culbuteurs,
moins bruyant et plus puissant que les précédents,
tout en étant plus résistant et plus durable. Il apparut
d'abord, un peu modifié, sur l'Alvis qui gagna en 1923 la
course des 200 Miles de Brookland. Les modèles de tourisme
étaient équipés dun moteur de 1598 cm3 mais
les Super-Sport, à course réduite, de 1496 cm3, étaient
mieux mis au point. Les touristes atteignaient 97 à 105 km/h
et les Super-Sport dépassaient aisément les 113 km/h.
Toutes les voitures, carrossées par Cross & Ellis, étaient
remarquablement maniables. En 1924 elles furent toutes dotées
du nouveau moteur. Mais la survie de la société devint
incertaine bien que les ventes de l'ancien modèle atteignèrent
963 en 1923. En 1924 il fallut nommer un administrateur judiciaire,
la trésorerie étant insuffisante pour faire face à
accroissement des commandes. Le capital nécessaire fut réuni
et le nouveau modèle 12/50 apporta à la société
une nouvelle prospérité. En 1926 les prix furent réduits
et toutes les voitures furent pourvues de freins sur roues avant.
Le châssis fut renforcé du fait de la suppression du
faux-châssis, sur lequel auparavant étaient montés
le moteur et la boîte de vitesses, et le moteur fut placé
sur supports de caoutchouc. L'arrière de la Super-Sport garda
la forme d'un "dos de scarabée" incliné
vers le bas. En 1928, 6000 Alvis étaient en circulation et
la cadence annuelle était d'environ 900 châssis.
Cette même année Alvis sortit un nouveau modèle
qui fut aussi un grand succès. Suivant la mode, c'était
une petite 6 cyl. de 1870 cm3. De conception semblable à
la vieille 4 cyl. , elle était plus douce, plus maniable
et plus silencieuse. La carrosserie était plus spacieuse
et la conduite plus aisée. Cette 14,75 CV fut dépassée
par la "Silver Eagle" (aigle d'argent) de 1929, une voiture
de plus grande cylindrée de 2148 cm3. Elle donna lieu, comme
on pouvait s'y attendre, à une version sport. Toujours en
1928, Alvis fit l'erreur de fabriquer une voiture sport traction
avant, le premier modèle anglais de ce type, avec une suspension
indépendante par quatre ressorts elliptiques à l'avant,
et par essieux oscillants avec ressorts elliptiques à l'arrière.
Cette 4 cyl. de 1482 cm3, avec un seul arbre à cames en-tête,
comportait de nombreux éléments semblables à
ceux de la 12/50 et, en option, pouvait être pourvue d'un
compresseur du type Roots. Le centre de gravité étant
placé très bas, l'adhérence au sol était
excellente comme le freinage. En 1928 ce modèle gagna les
6ème et 9ème places au Mans et fut second au Tourist
Trophy de l'Ulster. L'année suivante fut ajoutée une
version 8 cyl., de 1 1/2 l elle aussi.
Malheureusement les tractions avant n'attiraient qu'une clientèle
limitée de spécialistes car elles étaient compliquées,
peu classiques, capricieuses et difficiles à réparer.
Malgré ceci Alvis avait une telle confiance dans la traction
avant et dans la nouvelle 6 cyl., que la société annonça
l'arrêt de fabrication des 12/50 pour 1929. Cette fabrication
fut reprise précipitamment lorsque la 6 cyl .,bien que devenue
populaire, prouva qu'elle ne suffisait pas seule à assurer
la prospérité de la société. La 12/50
fut produite jusqu'en 1932 ainsi qu'une version sport la 12/60 CV.
Ce fut la derniere voiture résolument sport fabriquée
par Alvis.
Les Alvis gardèrent cependant leur réputation de
voitures à haut rendement avec la Speed Twenty, parue la
même année, voiture de tourisme belle, moderne et rapide,
d'une ligne extrêmement basse, elle alliait l'agrément
d'une 6 cyl. de taille moyenne à ceux de la vitesse, d'une
excel-lente tenue de route, d'un bon freinage, d'une réelle
résistance et d'un prix raisonnable. Cette voiture et les
modèles suivants connurent un grand succès. Son moteur
était une version légère de celui qui était
offert en option sur la Silver Eagle ; le châssis était
semblable à celui du modèle précédent
qui restait en fabrication. Elle avait environ 87 ch et atteignait
la vitesse de 145 km/h malgré le poids de la voiture, prouvant
ainsi, comme les Vanden Plas,
les qualités des voitures de tourisme. Toutes les voitures
étaient carrossées en coach.
En sortant cette voiture, Alvis concrétisa les principes
de sa politique pour les années 1930 la Speed Twenty et ses
différentes versions, donnerait à la marque son prestige
alors qu'une autre gamme moins luxueuse de 4 et 6 cyl. lui permettait
de subsister. Toutes les Alvis étaient équipées
d'un moteur à soupapes en-tête et culbuteurs. Les anciennes
"12/50" et "12/60" furent remplacées
en 1933 par un modèle plus grand, le Firefly, qui prit place
dans la gamme des 4 cyl. de 1 1/2 l. En option était offerte
la boîte de vitesses à changement présélectif
Wilson qui put être montée aussi sur le Firebird de
1935. Le moteur avait 1842 cm3 pour compenser l'augmentation du
poids. Au début de 1933 fut ajouté, au modèle
Silver Eagle, le Crested Eagle de 2511 cm3, pourvu lui aussi dune
boîte de vitesse Wilson. Son châssis était plus
important car il avait été prévu pour supporter
des carrosseries plus lourdes ; ce fut la première Alvis
de tourisme à être dotée d'une suspension indépendante
à l'avant par une seule lame de ressort transversale. En
1934, la Speed Twenty fut pourvue du même système de
suspension et d'une boîte entièrement synchronisée.
Comme la demande de confort s'accroissait aux dépens des
qualités sportives, cette voiture devint plus lourde en 1935
et fut équipée d'un moteur plus puissant de 2762 cm3
et à course plus longue.
Pour la même raison la 3 1/2 l évolua elle aussi.
Elle avait les mêmes caractéristiques de base
que la Speed Twenty, dont elle était une version, mais son
moteur avait un fonctionnement plus doux, un plus grand alésage
et était plus silencieux, d'une cylindrée de 3571
cm3, conçu pour accompagner des carrosseries plus confortables
mais moins sport. La 3 1/2 l était cependant plus puissante
que la Speed Twenty, son moteur ayant une puissance de 110 ch. Sa
production ne représentait qu'une étape, normale mais
courte, pour aboutir à la fabrication de la nouvelle voiture
de 1936 qui devait allier les qualités des deux modèles:
la belle Speed Twenty-five, équipée d'un moteur de
3571 cm3. Carrossée en conduite intérieure, silencieuse
et sans vibrations, même à 150 km/h, elle est considérée,
encore aujourd'hui, comme la meilleure des Alvis. En même
temps fut annoncée la sortie d'une voiture qui, à
l'origine, devait remplacer l'éphémère 3 ½,
la 4,3 l, pourvue du même moteur mais de 4387 cm3 et 123 ch.
En 1938 cette 4,3 l en version touriste, avec un châssis court,
devint la plus attrayante Alvis de la gamme car elle pouvait dépasser
facilement la vitesse de 160 km h et son accélération
était en rapport avec sa puissance. Certains pourtant pensent
que la Speed Twenty-five était plus séduisante et
plus raffinée.
En 1938 apparut une nouvelle 4 cyl. pour remplacer le Firebird.
Conçue par George Lanchester,
c'était une 12/70CV, et elle atteignait 130 km/h, malgré
son poids. Les dimensions du moteur restaient les mêmes. En
1936 le modèle Silver Eagle avait été abandonné,
mais le Crested Eagle fut offert en plusieurs versions, pourvues
d'un moteurs de 2762 et 3571 cm3 moins puissants. Une autre voiture
due à George Lanchester, la Silver Crest, apparut aussi en
1938, en même temps que la 12/70 CV. Sa carrosserie devait
être d'un style plus conventionnel et son moteur était
celui de 2762 cm3. Elle aussi était pourvue d'une suspension
avant indépendante.
Dès 1937 des ateliers avaient été ouverts
pour la fabrication de moteurs d'avions. La fabrique de voitures
de Coventry, rue Holyhead, ayant été entièrement
détruite par les bombardements de 1940, la société
continua à produire des moteurs d'avion, les Rolls-Royce-Merlin,
dans dix-huit petites usines. Après la 2ème guerre
mondiale, Alvis fabriqua son propre moteur Leonides et la production
de voitures démarra à nouveau en 1946. Pour s'adapter
aux mesures d'austérité, il fut décidé
de ne fabriquer qu'un seul modèle. La qualité resta
la caractéristique principale de la nouvelle TA 14, équipée
selon les traditions d'Alvis d'un moteur 4 cyl., d'une cylindrée
de 1892 cm3. Cette voiture était la descendante directe de
la 12/70 CV. En 1948 apparut, pour peu de temps, un modèle
sport assez laid. En 1950, la TA 14 fut abandonnée, remplacée
par la grosse 6 cyl. TA 21, la première voiture vraiment
nouvelle présentée par Alvis après-guerre.
Son moteur de 2993 cns3 permettait une vitesse de 145 km/h, donc
moindre que celle de la Speed Twenty-five, en exceptant la version
roadster sport TB 21. Cette vitesse fut dépassée lorsque
fut offerte en l954 et 1955 la TC 21/100, une TA21 évoluée.
Alec Issigonis conçut la TC 21 100 et l'équipa d'un
moteur puissant de 100 ch qui lui permettait plus de 160 km/h. Issigonis
avait aussi conçu une conduite intérieure V8 d'avant-garde
mais elle ne fut jamais fabriquée. La TC 21/100 fut produite
pendant peu de temps car Alvis présenta en 1955 une de ses
plus belles voitures, une conduite intérieure due à
Graber, dont le châssis était
en fait celui de la TC 21/100. On en fabrique peu jusqu'en 1959,
date après laquelle cette voiture devint la TD 21 équipée
d'un moteur de 120ch. En 1962, elle fut livrée avec des freins
à disque sur les 4 roues. Elle fut remplacée en 1964
par la TE 21 de 130 ch, dotée d'une boîte à
5 vitesses, automatique en option. En 1965 Rover
acquit la majorité du capital de la société
à l'été 1967, la production de voitures particulières
fut arrêtée.
1959 Alvis TD 21 Graber Convertible
©VEA
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