• 7 décembre 2019

Toujours plus vite!

Toujours plus vite!

Toujours plus vite! 1024 650 VEA

La “Jamais contente”, première voiture à atteindre 100 Km/h, en 1899.

Les 200 km/h sont américains

La Budweiser Rocket (à droite) de S. Barrett, détenteur du dernier record du monde de vitesse. En 1979, il atteignit 1 190,37 km/h, crevant ainsi le mur du son. En moins de 100 ans, la voiture qui roulait à l’allure d’un homme au pas peut aller aussi vite qu’un avion.

« Mon cœur et mon âme pour cette voiture. »

En 1929, l’Oiseau Bleu (ci-dessous) de Malcolm Campbell ouvre le défilé dans les rues londoniennes. Étonnant contraste de ce monstre profilé et de ces vieilles voitures haut perchées. « J’ai la vitesse dans le sang… C’est un besoin, une passion, une nécessité… » disait le Capitaine.

Le major Henry Segrave (ci-dessus), à bord de sa Golden Arrow (ci-dessous) dépassa, en 1929,la vitesse de 370 km/h

Affiche publicitaire pour les pneus Michelin. Le slogan : « le Pneu Michelin boit l’obstacle » apparaît en 1895 et le dessinateur O’Galop crée le légendaire Bibendum qui disait en latin : « Nunc Bibendum est » (Maintenant il faut boire l’obstacle).

Toujours plus vite!

Extrait de HISTORIA - SPECIAL No 449

Alors que le samedi 29 avril 1899, Jenatzy atteignit et dépassa enfin son but en routant à 105,879 km/h avec La Jamais Contente et que pour la première fois les fatidiques 100 km/h étaient dépassés … un peu moins de 7 ans plus tard une autre voiture – américaine – encore à vapeur réussit cette fois à dépasser les 200 km/h. Naturellement, entre les deux records, de nombreuses voitures à moteur à explosion et à vapeur franchirent graduellement l’espace entre les deux vitesses et essayèrent de dépasser les 200, mais en vain.

Les partisans de la vapeur étaient encore nombreux, comme Léon Serpollet, l’un de ses plus farouches défenseurs. Il avait construit son premier tricycle à vapeur en 1889 et fut le premier à recevoir l’autorisation de circuler, donc le premier « permis de conducteur ». Les premières De Dion Bouton, Amédée-Bollée et autres furent aussi, rappelons-le, des véhicules à vapeur. On appelait alors leurs partisans des « vaporistes », et le terme de chauffeur, encore employé pour conducteur, indique que celui-ci devait faire chauffer la chaudière… Ce moteur à vapeur avait l’avantage de ne pas faire de bruit et de ne pas être trop polluant.

Les frères américains F.-0. et F.-L. Stanley ont probablement construit leur première voiture à vapeur en 1897 et s’incorporèrent à la Locomobile Company, société rivale en 1899. Pour leur voiture spéciale baptisée la Rocket ou (fusée), ils utilisèrent un châssis standard de 10 cv sur lequel ils montèrent un moteur à vapeur 2 cylindres à double action de 20 cv, de 125 de pression. Conduite par Franck Marriott — très connu dans le monde automobile d’alors pour son intrépidité — la Rocket fut engagée au Meeting annuel de Floride, qui se déroulait sur la plage de Daytona, en janvier 1906. Poussant la pression à fond au risque de faire exploser la chaudière placée derrière son siège, F. Marriott parcourut le kilomètre en 18,4 secondes et le mile anglais (1609 m) en 28,2 secondes, ce qui faisait du 195,606 km/h (127,66 mile/h) sur le mile anglais. Ainsi Franck Marriott fut le premier homme à rouler à plus de 2 miles (3318 m) à la minute. L’année d’après, la Rocket fut équipée d’une chaudière à haute pression avec laquelle Marriott voulait atteindre les 190 miles à l’heure, soit 305,710 km/h. Mais la voiture eut un accident lors des essais, et la tentative des frères Stanley et de F. Marriott en resta là .

Une autre famille, les Campbell père et fils allait marquer pour longtemps l’histoire des records de vitesse…

Ancien officier de l’Armée britannique, Malcolm Campbell entretenait une écurie de voitures de course, après la Première Guerre mondiale. C’est après que le coureur K.L. Guiness, créateur des bougies K.L.G., eût battu en 1922 le record mondial de vitesse avec 207 km/h (133 m.p.h.) sur une Siinbeam de 350 ch, qu’il s’intéressa aux records automobiles. Parlant de cette Sunbeam, il confia un jour à son fidèle mécanicien Léo Villa : « Je donnerais mon cœur et mon âme pour posséder cette voiture ». Quelque temps après il l’acheta et c’est avec elle qu’il commença à battre des records de vitesse. C’était en 1923 ; après différentes modifications, en particulier le remplacement du précédent moteur par un V-12 d’avion de plus de 18 litres de cylindrée — il enleva son premier record du monde à la vitesse de 235,217 km/h. L’année suivante, sur la même voiture, il le porta à 242,800 km/h.

Mais le major Segrave ayant en 1926 porté le record à 245,800 km/h, Campbell décida de construire une automobile spécialement conçue pour battre des records. Ce fut le premier «Blue Bird » ou Oiseau bleu. Mais pourquoi ce nom ? Il était d’origine littéraire, puisqu’il fut emprunté au titre d’une pièce de Maurice Maeterlinck. Un soir, il avait dit à Malcolm Campbell : « Pourquoi ne baptiseriez-vous pas votre voiture « Oiseau bleu », c’est un nom qui m’a si bien réussi ! » Et c’est ainsi que de 1927 à 1960 successivement sept voitures de record et plusieurs canots automobiles de record de 1937 à 1955 portèrent ce nom poétique.

Le premier « Oiseau bleu » avec un moteur Napier-Lion V 12 de 450 ch, monté sur un châssis spécial Campbell, fut essayé en janvier 1927. Dès le mois suivant, il enleva le record du monde de vitesse sur la plage galloise de Pendine avec 281,447 km/h. A la fin de 1927 fut construit un second Oiseau bleu dont il semble que le châssis était celui du précédent, mais avec un nouveau moteur Napier de 700 ch originellement conçu pour les hydravions de la Coupe Schneider. La nouvelle carrosserie enfermait davantage le pilote dans son cockpit, tandis que deux grands radiateurs rectangulaires encadraient les flancs et que l’arrière était muni d’un stabilisateur vertical. C’est avec cette voiture qu’en février 1928 Campbell enleva une troisième fois le record du monde de vitesse à 333,062 km/h, mais cette fois-ci à Daytona, en Floride.

La même voiture, avec le même moteur, mais avec une carrosserie encore mieux profilée, fut le Blue Bird II, surbaissé dont les radiateurs avaient été reportés à l’avant dans un carénage formant tunnel de Venturi, tandis que les roues étaient prises dans un carénage avant et arrière. Avec elle, le major atteignit 350,762 km/h mais sans réussir à battre le record mondial (avril 1929). Modifiée une fois de plus et dotée d’un compresseur portant la puissance motrice à 450 ch l’Oiseau bleu enleva en février 1931, un premier record à Daytona à 395,469 km/h, puis avec un nouveau carénage avant, le record fut porté, en février suivant, à 408,621 km/h !

Désirant aller toujours plus vite, Sir Campbell fit de nouveau transformer sa voiture, entraînée cette fois par un 2 500 ch Rolls-Royce 12 V à compresseur, dont la prise d’air saillait à l’avant. Grâce à cet Oiseau bleu V, il atteignit 438,123 km/h, toujours à Daytona, en février 1933.
L’Oiseau bleu VI fut le dernier. Doté d’un moteur à pistons, il comprenait encore des éléments provenant du premier modèle de 1927 (essieux avant, les tambours et les freins etc.) et était toujours entraîné par le Rolls-Royce d’avion du modèle de 1933.

L’ensemble était beaucoup plus caréné et encadrait entre autres les roues qui restaient pourtant visibles. Avec cette dernière automobile Campbell battit d’abord un premier record en février 1935: 445,703 km/h puis, à Bonneville, sur le grand Lac Salé, il battit son propre record du monde en atteignant le 3 septembre 1935, 484,818 km/h, dépassant les 300 miles à l’heure. Le major ayant atteint le but qu’il s’était imposé, s’en tint là ! Il devait mourir le 31 décembre 1948 chez lui des suites d’une congestion cérébrale.

Son fils Donald, décida de suivre ses traces, en portant le record de vitesse automobile à plus de 400 miles à l’heure. Il fit donc construire un Oiseau bleu VII long de 9 m, pesant 4 tonnes et propulsé par une turbine à réaction de 5 000 ch entraînant les quatre roues. En forme de goutte d’eau, il avait le poste de pilotage à l’avant et un grand stabilisateur arrière qui fut monté à la suite d’un accident lors d’essais, en septembre 1960. Après de nouveaux essais en mai 1963 sur le lac salé Eyre en Australie, Donald Campbell enleva le record mondial de vitesse, en juillet 1964 à 648,728 km/h !

Il se tua moins de deux ans après, sur le sixième canot automobile Oiseau bleu à réaction, en filant à environ 483 km/h sur le lac Coniston. C’était le 4 janvier 1967.

Les origines du pneumatique

Le pneumatique est sans doute l’accessoire de base sans lequel l’automobile n’aurait pu rouler au-dessus d’une vitesse de 40-50 km/h, si les roues cerclées de fer ou même garnies d’un boudin de caoutchouc avaient été conservées. De même, les avions n’auraient pu décoller ou atterrir.
On comprend pourquoi Charles Dietz dès 1834 pensa à garnir les roues motrices de ses fardiers de « blocs de bois durs jointifs avec, entre eux et la jante, une épaisseur de feutre goudronnée » donnant ainsi une certaine élasticité. Plus tard, ce feutre fut remplacé par du liège ou du caoutchouc. Vers 1840, un Anglais pensa aussi munir les roues des fiacres de tubes de caoutchouc remplis d’air.

Mais ce ne fut qu’en 1888 qu’un vétérinaire écossais John Boyd Dunlop, installé à Belfast en Irlande, réussit à créer un « pneumatique » (c’est-à-dire « plein d’air ») utilisable. Il forma avec une feuille de latex un tube d’environ 50 mm de diamètre, il en entoura une jante de roue sur laquelle il le fixa par des rubans de toile collante. Un coureur cycliste William Hume eut connaissance de cette invention et voulut en équiper sa bicyclette : grâce à ses « pneus » il gagna en 1889 quatre épreuves contre des coureurs le battant habituellement. Un descendant de Huguenot français, Harvey du Cros, qui avait eu connaissance de cet exploit, racheta le brevet de J.-B. Dunlop et fonda la « Dunlop Rubber Company » qui, depuis, a produit des centaines de millions de pneumatiques.

En France, à Clermont-Ferrand, les frères Michelin dirigeaient une usine de caoutchouc où ils fabriquaient, outre des balles et des ballons, des bandages dits « boudins » pleins ou creux, depuis 1889… Un jour de 1891, se présenta à la porte de l’usine un vélocipédiste, nommé Grand-Pierre, dont un des pneus Dunlop était crevé. Edouard Michelin chargea de la réparation son meilleur ouvrier, Duvet, qui, après 3 heures de travail réussit à l’effectuer. Michelin essaya la bicyclette de son client et déclara en revenant à son directeur technique : « Le pneumatique, c’est le bandage de l’avenir. Mais pas tel qu’il est. Il faut que le premier imbécile venu puisse le dé¬monter et le remonter en un quart d’heure par un moyen mécanique. Je ne veux pas de colle ! Oui, voilà ce qu’il faut que nous trouvions : le pneu démontable ! »

Celui-ci fut trouvé après de multiples essais et permit au cycliste Charles Terront de faire Paris-Brest-Paris en 71 h 30, en 1891. Le succès du pneu de bicyclette était assuré, restait à faire adopter le pneumatique par les automobilistes. Les frères Michelin y réussirent en participant à Paris-Bordeaux-Paris en 1895, à bord de la Peugeot spéciale l’Éclair.

484 km/h en 1935 !

Toujours plus vite!

Extrait de HISTORIA - SPECIAL No 449

Alors que le samedi 29 avril 1899, Jenatzy atteignit et dépassa enfin son but en routant à 105,879 km/h avec La Jamais Contente et que pour la première fois les fatidiques 100 km/h étaient dépassés … un peu moins de 7 ans plus tard une autre voiture – américaine – encore à vapeur réussit cette fois à dépasser les 200 km/h. Naturellement, entre les deux records, de nombreuses voitures à moteur à explosion et à vapeur franchirent graduellement l’espace entre les deux vitesses et essayèrent de dépasser les 200, mais en vain.

Les partisans de la vapeur étaient encore nombreux, comme Léon Serpollet, l’un de ses plus farouches défenseurs. Il avait construit son premier tricycle à vapeur en 1889 et fut le premier à recevoir l’autorisation de circuler, donc le premier « permis de conducteur ». Les premières De Dion Bouton, Amédée-Bollée et autres furent aussi, rappelons-le, des véhicules à vapeur. On appelait alors leurs partisans des « vaporistes », et le terme de chauffeur, encore employé pour conducteur, indique que celui-ci devait faire chauffer la chaudière… Ce moteur à vapeur avait l’avantage de ne pas faire de bruit et de ne pas être trop polluant.

Les frères américains F.-0. et F.-L. Stanley ont probablement construit leur première voiture à vapeur en 1897 et s’incorporèrent à la Locomobile Company, société rivale en 1899. Pour leur voiture spéciale baptisée la Rocket ou (fusée), ils utilisèrent un châssis standard de 10 cv sur lequel ils montèrent un moteur à vapeur 2 cylindres à double action de 20 cv, de 125 de pression. Conduite par Franck Marriott — très connu dans le monde automobile d’alors pour son intrépidité — la Rocket fut engagée au Meeting annuel de Floride, qui se déroulait sur la plage de Daytona, en janvier 1906. Poussant la pression à fond au risque de faire exploser la chaudière placée derrière son siège, F. Marriott parcourut le kilomètre en 18,4 secondes et le mile anglais (1609 m) en 28,2 secondes, ce qui faisait du 195,606 km/h (127,66 mile/h) sur le mile anglais. Ainsi Franck Marriott fut le premier homme à rouler à plus de 2 miles (3318 m) à la minute. L’année d’après, la Rocket fut équipée d’une chaudière à haute pression avec laquelle Marriott voulait atteindre les 190 miles à l’heure, soit 305,710 km/h. Mais la voiture eut un accident lors des essais, et la tentative des frères Stanley et de F. Marriott en resta là .

Une autre famille, les Campbell père et fils allait marquer pour longtemps l’histoire des records de vitesse…

Ancien officier de l’Armée britannique, Malcolm Campbell entretenait une écurie de voitures de course, après la Première Guerre mondiale. C’est après que le coureur K.L. Guiness, créateur des bougies K.L.G., eût battu en 1922 le record mondial de vitesse avec 207 km/h (133 m.p.h.) sur une Siinbeam de 350 ch, qu’il s’intéressa aux records automobiles. Parlant de cette Sunbeam, il confia un jour à son fidèle mécanicien Léo Villa : « Je donnerais mon cœur et mon âme pour posséder cette voiture ». Quelque temps après il l’acheta et c’est avec elle qu’il commença à battre des records de vitesse. C’était en 1923 ; après différentes modifications, en particulier le remplacement du précédent moteur par un V-12 d’avion de plus de 18 litres de cylindrée — il enleva son premier record du monde à la vitesse de 235,217 km/h. L’année suivante, sur la même voiture, il le porta à 242,800 km/h.

Mais le major Segrave ayant en 1926 porté le record à 245,800 km/h, Campbell décida de construire une automobile spécialement conçue pour battre des records. Ce fut le premier «Blue Bird » ou Oiseau bleu. Mais pourquoi ce nom ? Il était d’origine littéraire, puisqu’il fut emprunté au titre d’une pièce de Maurice Maeterlinck. Un soir, il avait dit à Malcolm Campbell : « Pourquoi ne baptiseriez-vous pas votre voiture « Oiseau bleu », c’est un nom qui m’a si bien réussi ! » Et c’est ainsi que de 1927 à 1960 successivement sept voitures de record et plusieurs canots automobiles de record de 1937 à 1955 portèrent ce nom poétique.

Le premier « Oiseau bleu » avec un moteur Napier-Lion V 12 de 450 ch, monté sur un châssis spécial Campbell, fut essayé en janvier 1927. Dès le mois suivant, il enleva le record du monde de vitesse sur la plage galloise de Pendine avec 281,447 km/h. A la fin de 1927 fut construit un second Oiseau bleu dont il semble que le châssis était celui du précédent, mais avec un nouveau moteur Napier de 700 ch originellement conçu pour les hydravions de la Coupe Schneider. La nouvelle carrosserie enfermait davantage le pilote dans son cockpit, tandis que deux grands radiateurs rectangulaires encadraient les flancs et que l’arrière était muni d’un stabilisateur vertical. C’est avec cette voiture qu’en février 1928 Campbell enleva une troisième fois le record du monde de vitesse à 333,062 km/h, mais cette fois-ci à Daytona, en Floride.

La même voiture, avec le même moteur, mais avec une carrosserie encore mieux profilée, fut le Blue Bird II, surbaissé dont les radiateurs avaient été reportés à l’avant dans un carénage formant tunnel de Venturi, tandis que les roues étaient prises dans un carénage avant et arrière. Avec elle, le major atteignit 350,762 km/h mais sans réussir à battre le record mondial (avril 1929). Modifiée une fois de plus et dotée d’un compresseur portant la puissance motrice à 450 ch l’Oiseau bleu enleva en février 1931, un premier record à Daytona à 395,469 km/h, puis avec un nouveau carénage avant, le record fut porté, en février suivant, à 408,621 km/h !

Désirant aller toujours plus vite, Sir Campbell fit de nouveau transformer sa voiture, entraînée cette fois par un 2 500 ch Rolls-Royce 12 V à compresseur, dont la prise d’air saillait à l’avant. Grâce à cet Oiseau bleu V, il atteignit 438,123 km/h, toujours à Daytona, en février 1933.
L’Oiseau bleu VI fut le dernier. Doté d’un moteur à pistons, il comprenait encore des éléments provenant du premier modèle de 1927 (essieux avant, les tambours et les freins etc.) et était toujours entraîné par le Rolls-Royce d’avion du modèle de 1933.

L’ensemble était beaucoup plus caréné et encadrait entre autres les roues qui restaient pourtant visibles. Avec cette dernière automobile Campbell battit d’abord un premier record en février 1935: 445,703 km/h puis, à Bonneville, sur le grand Lac Salé, il battit son propre record du monde en atteignant le 3 septembre 1935, 484,818 km/h, dépassant les 300 miles à l’heure. Le major ayant atteint le but qu’il s’était imposé, s’en tint là ! Il devait mourir le 31 décembre 1948 chez lui des suites d’une congestion cérébrale.

Son fils Donald, décida de suivre ses traces, en portant le record de vitesse automobile à plus de 400 miles à l’heure. Il fit donc construire un Oiseau bleu VII long de 9 m, pesant 4 tonnes et propulsé par une turbine à réaction de 5 000 ch entraînant les quatre roues. En forme de goutte d’eau, il avait le poste de pilotage à l’avant et un grand stabilisateur arrière qui fut monté à la suite d’un accident lors d’essais, en septembre 1960. Après de nouveaux essais en mai 1963 sur le lac salé Eyre en Australie, Donald Campbell enleva le record mondial de vitesse, en juillet 1964 à 648,728 km/h !

Il se tua moins de deux ans après, sur le sixième canot automobile Oiseau bleu à réaction, en filant à environ 483 km/h sur le lac Coniston. C’était le 4 janvier 1967.

Les 200 km/h sont américains

La Budweiser Rocket (à droite) de S. Barrett, détenteur du dernier record du monde de vitesse. En 1979, il atteignit 1 190,37 km/h, crevant ainsi le mur du son. En moins de 100 ans, la voiture qui roulait à l’allure d’un homme au pas peut aller aussi vite qu’un avion.

« Mon cœur et mon âme pour cette voiture. »

En 1929, l’Oiseau Bleu (ci-dessous) de Malcolm Campbell ouvre le défilé dans les rues londoniennes. Étonnant contraste de ce monstre profilé et de ces vieilles voitures haut perchées. « J’ai la vitesse dans le sang… C’est un besoin, une passion, une nécessité… » disait le Capitaine.

Le major Henry Segrave (ci-dessus), à bord de sa Golden Arrow (ci-dessous) dépassa, en 1929,la vitesse de 370 km/h

484 km/h en 1935 !

Les origines du pneumatique

Le pneumatique est sans doute l’accessoire de base sans lequel l’automobile n’aurait pu rouler au-dessus d’une vitesse de 40-50 km/h, si les roues cerclées de fer ou même garnies d’un boudin de caoutchouc avaient été conservées. De même, les avions n’auraient pu décoller ou atterrir.
On comprend pourquoi Charles Dietz dès 1834 pensa à garnir les roues motrices de ses fardiers de « blocs de bois durs jointifs avec, entre eux et la jante, une épaisseur de feutre goudronnée » donnant ainsi une certaine élasticité. Plus tard, ce feutre fut remplacé par du liège ou du caoutchouc. Vers 1840, un Anglais pensa aussi munir les roues des fiacres de tubes de caoutchouc remplis d’air.

Mais ce ne fut qu’en 1888 qu’un vétérinaire écossais John Boyd Dunlop, installé à Belfast en Irlande, réussit à créer un « pneumatique » (c’est-à-dire « plein d’air ») utilisable. Il forma avec une feuille de latex un tube d’environ 50 mm de diamètre, il en entoura une jante de roue sur laquelle il le fixa par des rubans de toile collante. Un coureur cycliste William Hume eut connaissance de cette invention et voulut en équiper sa bicyclette : grâce à ses « pneus » il gagna en 1889 quatre épreuves contre des coureurs le battant habituellement. Un descendant de Huguenot français, Harvey du Cros, qui avait eu connaissance de cet exploit, racheta le brevet de J.-B. Dunlop et fonda la « Dunlop Rubber Company » qui, depuis, a produit des centaines de millions de pneumatiques.

En France, à Clermont-Ferrand, les frères Michelin dirigeaient une usine de caoutchouc où ils fabriquaient, outre des balles et des ballons, des bandages dits « boudins » pleins ou creux, depuis 1889… Un jour de 1891, se présenta à la porte de l’usine un vélocipédiste, nommé Grand-Pierre, dont un des pneus Dunlop était crevé. Edouard Michelin chargea de la réparation son meilleur ouvrier, Duvet, qui, après 3 heures de travail réussit à l’effectuer. Michelin essaya la bicyclette de son client et déclara en revenant à son directeur technique : « Le pneumatique, c’est le bandage de l’avenir. Mais pas tel qu’il est. Il faut que le premier imbécile venu puisse le dé¬monter et le remonter en un quart d’heure par un moyen mécanique. Je ne veux pas de colle ! Oui, voilà ce qu’il faut que nous trouvions : le pneu démontable ! »

Celui-ci fut trouvé après de multiples essais et permit au cycliste Charles Terront de faire Paris-Brest-Paris en 71 h 30, en 1891. Le succès du pneu de bicyclette était assuré, restait à faire adopter le pneumatique par les automobilistes. Les frères Michelin y réussirent en participant à Paris-Bordeaux-Paris en 1895, à bord de la Peugeot spéciale l’Éclair.

Affiche publicitaire pour les pneus Michelin. Le slogan : « le Pneu Michelin boit l’obstacle » apparaît en 1895 et le dessinateur O’Galop crée le légendaire Bibendum qui disait en latin : « Nunc Bibendum est » (Maintenant il faut boire l’obstacle).

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